Cet article présente ma séquence sur « La brouille » (Claude Boujon, aux éditions l’école des loisirs) pour mes élèves de grande section. J’y présente les principes qui ont guidé mes choix et les supports utilisés. Vous trouverez l’ensemble de mes documents à la fin de cet article (séquence, cartes de vocabulaire, jeu de loto, jeu de dobble, images pour la maquette, images pour le « visibiléo »).
SOMMAIRE :
A. Les principes utilisésB. Les modules
C. Le vocabulaire
D. La lecture et la compréhension
E. La maquette
F. Le visibiléo
G. Ressources
H. Mes documents à imprimer
Les principes utilisés
J’ai découvert la méthode de Narramus il y a quelques années. Je garde ici une partie de la démarche sur le vocabulaire : expliquer certains mots avant la lecture pour mieux comprendre l’histoire et reprendre régulièrement le vocabulaire. Je garde également le principe de rejouer l’histoire qui motive tous les élèves.
Un peu plus tard, j’ai découvert l’approche de Pierre Péroz avec la pédagogie de l’écoute. Je garde ici le retour de certaines questions après chaque lecture : restitution, questions ouvertes sur les personnages avec le lien entre leurs actions et leurs états mentaux et les questions d’anticipation sur la suite de l’histoire. Je garde également le fait de pouvoir répéter ce que les camarades ont déjà formulé pour une même question.
J’ai découvert d’autres approches dont celle de Jessica Mazelle dans « Cultiver le plaisir de la lecture » (aux éditions Nathan). Je me retrouve dans certaines de ses propositions comme limiter à 2 ou 3 semaines l’étude d’un album. Ses propositions ont enrichi ma démarche. J’ai ainsi complété ma séquence type avec des questions pour faire le lien entre le vécu des élèves et l’histoire étudiée. J’ai également ajouté des images pour faire la différence entre ce qui est dit et ce qui est pensé. Je propose ainsi une première approche du « visibiléo » : rendre visibles les étapes essentielles de l’histoire, les relations entre les personnages ainsi que leurs pensées et leurs paroles.
Enfin, je propose des jeux pour réviser le vocabulaire : jeu de Kim, de loto, de dobble. Ces jeux sont classiques mais toujours très motivants pour les élèves.
Les modules
Je propose des modules qui visent chacun un objectif précis : découvrir ou réviser le vocabulaire, écouter et comprendre l’histoire, raconter l’histoire avec la maquette ou le visibiléo.
Une même séance peut regrouper différents modules : c’est à l’enseignant de s’organiser selon son emploi du temps.
Pour favoriser les échanges, je conseille de travailler avec un groupe d’environ 10 à 12 élèves. Chacun aura davantage de temps pour s’exprimer. Les élèves les plus réservés oseront plus facilement prendre la parole.
Le vocabulaire
J’ai choisi certains mots qui peuvent poser problème aux élèves, mais également des mots dits « faciles » afin de mettre en confiance les élèves réservés et ceux qui sont peu à l’aise avec la langue française.
Pour illustrer les mots, j’ai pris en priorité des photographies venant de la banque d’images magnific.com (anciennement Freepik). J’ai également proposé quelques images.
L’idéal est de donner le mot, de le faire répéter, de l’utiliser dans une phrase ou deux pour en éclairer le sens, de pouvoir le mimer si c’est possible. Le vocabulaire sera travaillé en priorité de manière « active » avec par exemple le jeu de Kim : on montre 4 cartes de vocabulaire, on les nomme, les élèves ferment les yeux, on retire une carte (ou deux…). Les élèves donnent le nom de la carte qui manque. Pour les élèves les plus en difficulté, on pourra proposer de montrer une carte demandée (« Montre-moi le renard ») : on travaille le vocabulaire de manière « passive ».
Les cartes réutilisent le principe d’Apprentilangue : un point bleu pour les noms, un point rouge pour les verbes conjugués, un point vert pour les adjectifs. Les verbes sont conjugués à la troisième personne afin de pouvoir les utiliser, plus tard, dans des séances de production d’écrit.
Je propose un générateur de cartes de vocabulaire : https://classedeflorent.fr/outils/vocabulaire/index.php
Conseil pratique : trier les cartes selon les épisodes dans des enveloppes dédiées afin de s’organiser plus rapidement en classe.
En fin de séquence, un jeu de loto et un dobble sont proposés afin de rebrasser dans le temps le vocabulaire étudié.
Le dobble a été créé avec le générateur suivant : https://micetf.fr/symbole-commun/
Le loto a été créé avec mon générateur qui permet d’avoir le nom sur les petites étiquettes (pratique si c’est une ATSEM qui gère le jeu) : https://classedeflorent.fr/outils/loto/index.php
La lecture et la compréhension
Je propose de mon côté une formulette qui marque le début de la lecture. J’explique également de manière explicite le travail des élèves : « Je vais lire le début de l’histoire. Ensuite, je vais raconter le début de l’histoire. Votre travail est de comprendre le début de l’histoire. Vous allez faire le film de l’histoire dans votre tête. Vous pourrez ensuite raconter l’histoire »
Après chaque lecture, je reprends une même trame de questionnement. Certaines questions reviennent à l’identique. Cet aspect ritualisé rassure de nombreux élèves :
- Question pour restituer l’épisode
- Question ouverte sur les personnages
- Question sur les actions et les états mentaux des personnages
- Question d’interprétation, ou une hypothèse sur la suite
- Question pour faire le lien avec le vécu des élèves
Les questions peuvent être répétées en signalant qu’on a le droit de répéter ce que les copains ont déjà dit. Ce principe favorise la participation de tous (et l’écoute de ses camarades…).
La maquette
C’est du temps de préparation, mais un vrai bonheur en classe ! Mon objectif est également de pouvoir réutiliser plusieurs années cette maquette…
Je pars d’une boîte de chaussures, j’agrafe le couvercle à l’arrière pour créer un arrière-plan. Il faut deux trous sur le plateau pour les terriers et un passage de chaque côté pour passer ses mains.
Il n’y a plus qu’à poser le décor ! Remarque : j’ai scotché un bout de feuille de la terre entre les deux terriers. Quand les lapins vont creuser une galerie entre les deux terriers, il suffira de lever ce bout de feuille pour découvrir la galerie !
Pour les marottes, je pose les têtes sur des bâtonnets. Je propose une double face pour les lapins : contents ou en colère.
Pour les éléments divers, je les scotche simplement sur des briques type Duplo.
En classe, je montre l’exemple en racontant l’histoire. Puis c’est au tour des élèves. Je note le passage des élèves en expliquant que si tout le monde ne peut pas passer le même jour, ils passeront plus tard.
L’idée est ensuite de laisser la maquette à disposition des élèves en autonomie, en étant au clair sur les règles d’utilisation !
Le visibiléo
C’est une première approche. Cet outil a été imaginé par Marie-France Bishop pour soutenir la compréhension en lecture. Il permet de rendre visible l’implicite de l’histoire.
De mon côté, je propose de commencer par un travail sur la distinction entre les paroles et les pensées des personnages avec l’utilisation des bulles de parole et des bulles de pensée. C’est une première étape importante pour nos jeunes élèves.
J’utilise des flèches qui montrent les actions fondamentales des personnages ou les liens entre eux.
Je fais le choix d’utiliser uniquement des images. Il est envisageable d’écrire certains mots clés selon ses élèves.
Mes images sont plastifiées et ont à l’arrière du scotch aimanté. Elles pourront être utilisées au tableau. De la patafix peut également être utilisée.
Comme pour la maquette, je montre d’abord l’exemple en racontant l’histoire avec les images, avant de laisser les élèves s’exercer.
Je peux guider les élèves en leur demandant : « Que dit le lapin ? » ou je leur demande de justifier l’utilisation de telle ou telle image.
Conseil pratique : trier les images selon les épisodes dans des enveloppes dédiées afin de s’organiser plus rapidement en classe.
Ressources